Feu du dedans
FEU DU DEDANS
suivi d'un dispositif d'écriture
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Dispositif proposé par H. Tramoy
en vue du n° 151 de la revue Soleils & cendre
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Après lecture du poème éponyme d’Andrée Chédid, les membres du comité de rédaction de la revue ont exploré le thème du prochain numéro : Feu du dedans (ce que ce thème évoque pour eux). Six participants, six corpus dont voici la teneur :
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Feulement / Filament / il faut traverser le feu pour avorter de soi / traverser le miroir / le mouroir / le noyau intime / les fêlures / le feu nucléaire / l’orage jusqu’à la fragmentation / rhizome de nerfs / expectorer le trop-plein / retenir le temps en arrière / du grognement au grondement / l’épilepsie
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Colère des instants de folie / embrouillamini d’hier et d’aujourd’hui / futur difficile à imaginer / blessures à ensevelir / hommes calcinés, ombres noires / cendres à épandre sur l’humus / traces à fouiller / macération du compost / expulser la haine / garder les pétales du coquelicot / morsure / soupape de sécurité
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Ce qui m’anime / ce qui fait souffle / ce qui brûle en moi / valeurs / racines / engagement / ce qui me fait être / ce qui me construit / ma digestion au monde / mon soleil intérieur / ma lumière et ma brûlure / mon volcan / ma boussole, ma marche, mon chemin / ma folie
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Quand s’électrisent ou s’humanisent mes entrailles / l’intime s’incendie / lave primaire / tendre magma / apaise en toi ce toi / qui a allumé la mèche / image inversée du volcan / bombe à retardement / un être calciné / cuire à l’étouffée / souffle de la mine / grisou / digérer les colères que le monde fait naître / quand l’explosion a lieu, quelles retombées ?
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Ce feu inconnu qui me fait bouger, m’éclaire, m’est clair / ce qui écrit n’emprunte jamais le définitif, c’est une expérience / ce ne sont pas les mots qui comptent, c’est le chemin qu’on fait pour les trouver / des contradictions salutaires pour la vie / jamais on n’arrêtera la mer (la mère, l’amer) en soi / jamais sagesse puisque le feu couvant : braise prête à ressurgir pour peu qu’on l’entretienne : la vie / interroger l’inconnu, l’inattendu, l’inconçu / affronte ce qui t’aveugle, tes barrières / traverse, parce qu’il y a autour des choses à voir, des hésitations à oser, des décisions à prendre / le feu c’est/sait ce qui brûle / attendre de se calciner / feu comme impact de l’arme
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État présent : colère / intranquillité / inquiétude / cœur de tourterelle / recraché par ce monde/ menaces en faisceau / dépression / angoisse de mort
État latent : envie d’agir / volcan d’idées / feu d’artifice de projets avortés / le temps file et me manque / urgence / projet cet infini en soi / le temps qu’il me reste à vivre / forge
État espéré : apaisement / tranquillité / chants d’oiseaux / sous-bois / main dans la main / tendresse / caresse / vivre (de) chaque étincelle
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FEU DU DEDANS DISPOSITIF
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1. Faites votre choix de démarrage :
- soit vous faites la même chose, notant ce que vous évoque le thème sous forme de mots et expressions.
- soit vous prélevez parmi cet ensemble (en puisant dans chacun des corpus) une quinzaine de mots ou expressions.
Cela constituera votre matériau de base.
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2. Jeu de la dislecture et de la paralecture :
Il s’agit de transformer mots et expressions de votre matériau de base.
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- Par le moyen de la dislecture : on joue de la matérialité de la langue, de ses sonorités
Par exemple, l’expression « arc primaire » pourra conduire à « arbitraire » ou à « art précaire » ou bien " aria, matrice " (presque anagramme), etc.
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- Par le moyen de la paralecture : on fait un déplacement sur le plan sémantique
Par exemple la même expression peut induire « au cœur de l’orage » ou « fulgurance du regard »…
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Par la combinaison des deux transformations, la même expression pourra déraper en « fulgurance précaire », ou « précarité des fulgurances », ou bien encore « la rage au cœur », etc.
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Vous l’avez compris, chacune de vos expressions de base va pouvoir libérer votre imaginaire.
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3. Écriture :
En utilisant toutes ces expressions transformées, au besoin adaptées, vous écrivez un texte premier que vous polissez jusqu’à sa version définitive T1.
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4. Réécriture :
Après avoir repéré la structure fine de votre T1, vous allez écrire un nouveau texte, texte miroir, de même structure (parallélisme). Interprétez à votre gré cette notion de « texte miroir ».
Vous obtenez après polissage une version définitive T2.
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5. Votre texte définitif :
sera composé de T1et T2 réunis, constituant :
- soit s’ils sont juxtaposés, les deux faces d’une même médaille textuelle ;
- soit s’ils sont imbriqués, la construction dialectique de deux approches du thème (sens ou contresens).
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Il n’y a plus qu’à adresser ce texte final au comité de rédaction de la revue selon les voies habituelles.