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Elle la langue, lui le rondeau

TEXTE COLLECTIF

 

Publié dans le n° 91 d'octobre 2009

Rondeau



ELLE, LA LANGUE,

QUE LUI, LE RONDEAU, DÉHANCHE




Au commencement s'exposait le rondeau, corseté en sa gangue rondelette, pour tout dire aliéné, laissant l'air s'installer.

La décision d'écrire m'assignait dans cet espace précis, cet ordre temporel qui posait ma langue comme objet-matière à ordonner, à triturer, à rimailler.
J'épuisais mes mots jusqu'au spasme, jusqu'à l'asphyxie.

Elle, la langue, explose les règles, elle est cet objet, ce lieu, cet improbable objet en ce lieu improbable où se heurte et s'érafle l'incompréhensible des mots à l'incompressible du désir.

Il espérait des mots comme le jardin de la rosée, espace structurant du pas qui s'installe dans le pas de l'autre. Randonnée, il allait faisant ses ronds dans l'eau.

Je n'avais jamais cherché rien d'autre que me défaire de mon discours.
J'hésitais ou j'existais ou les deux à la fois entre l'émergence du sens et le suicide du sens. Je traquais l'atonalité, la confusion des sens et des sons.
J'allais fouiller là où la langue était bancale.

Elle, la langue s'empare du signe et saigne et s'en sépare. Elle s'affronte à la forme.

Lui, saturé d'eau, appelé à démence, à cinq siècles de distance, se confronte au désordre (oulipien) de la langue, à l'érosion.

Je suis ce tueur en série qui s'ingénie à perpétrer son crime avant que n'advienne la rime. Je casse la trame, m'immerge dans la langue jusqu'au bredouillement originel.

Alors, voici le rondeau introduit, d'un coup de dé, au blanc de Mallarmé. Le voici évincé, soumis à dérision des rimes, surimposé, taxé, croisé avec des événements qui ne le concernent pas, extrapolé. Il se prête aux regards des sévices élégants.

Je, l'esprit roué, le triture, le dépèce en cinq actes mi-sérieux, mystérieux, pousse à l'extrême le dépassement de la chose pour invoquer les maux.

Là, le voici, liant la vivacité du propos à la fécondité de la forme.

N'y aurait-il écriture qu'au moment où Je ne se reconnaît plus où Je sait pourtant être là sans plus savoir ni se nommer ni où se nommer ? Où l'espace d'un imperceptible instant, Je, objet et maître de l'eau ou d'eau, s'appuie sur chaque pierre.


C.N. / M-P.C. / S.W. / H.T.

automne 2009


Date de création : 30/11/2011 - 23:48
Dernière modification : 01/12/2011 - 00:03
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