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Méfaits et geste

 

TEXTES COLLECTIFS

 

Publiés dans les n° 73 et 74  de février et juin  2005

Méfaits et geste du libéralisme

 

Le premier texte a été produit au cours d'un atelier, à Toulouse, dans le cadre des rencontres internationales des ateliers d'écriture, par un groupe coopératif de 16 personnes.

Le second est un texte du comité de rédaction.

 


MÉFAITS ET GESTE DU LIBÉRALISME

 

1.

 

 

Mais pourquoi gémissent-ils
Pourtant la langue enlace les illusions efficaces sous un ciel sans faux-plis
et au grand manège du lexique s’exclure c’est être complice

LA LANGUE DE GLACE DES ORATEURS PLANTE SES RUINES SUR LES IDOLES QUI SOUPIRENT
LA CÈNE VELUE DE CERTITUDES SÉDUIT
LA HARRANGUE ÉVIDE LA PENSÉE

Pourquoi gémissent-ils
Qu’ils cessent de lécher les bottes des chaises qui font les hommes assis
qu’ils refusent le cacao misère qui rend les profits drôles


Mon bien aimé ma grande ogresse
mon texte amer a des besoins rituels de cadavres et d’opacité
ta langue [pas celle promise] déraisonne
nous voici abrégés d’éloquence

 

Gémissent-ils
Espèce massive des gisants toute misère se confit
se confine se confie à la mort
espace passif de vivants toute peur consume et la pensée gondole

AU JEU DE LOIS PRIORITÉ AUX TRICHEURS LA JUNGLE DES ÉPANCHEURS LICENCIE TOUTE SINGULARITÉ

Gémissent-ils
Entre plâtre et loups le silence est une frontière
assignée-volontaire la syntaxe du comptable fait le soupir du moribond
les bouches sont des arrosoirs vides


Mon bien aimé ma tendre ogresse
dans mon désert ton écho danse nos libres étés d’arrogance
la langue s’impatiente

 

Mais pourquoi gémissent-ils

Qu’ils emploient leur temps de victimes


Toulouse - 30.X.2004


Les auteurs : béal yves, bélézy chantal, dominguez laurent, ducastaing isabelle, ducom michel, duquesnoy carole, lafitte claude, laurent chantal, le flohic françoise, mayaudon bernard-henri, mercier marlène, niarfeix claude, pancot anne-caroline, rousseau sylvie, serpereau marie, tramoy henri.

 

 

 

2.

 

Regarde, le monde passe au rouge, hoquette et s’immobilise. Le vent gémit depuis si longtemps. Tout est fait pour affider effriter pour affaisser à coups de dés de rires et de chagrin… Entends, le monde se rend, il s’abandonne. Nous parmi les autres, prêts à tout. Acolytes à corps défendant.  Dieu ce qui se trame en mon dos est-ce toi qui as fait ce qu’est devenu l’homme. L’autre ce dominé dopé aux dérisoires indispensables. Liquéfaction des noyaux incubation par le gène social comprimés jusqu’au bout du rouleau. Homme ton territoire miné de tôle et d’immondice qu’as-tu fait de toi hominidé animalcule ce qui reste de la bête malgré ses civilités. Sans… sans… sans… sans… j’ai mis cent ans gémissant ma plainte ma conscience… sans… sans… sans… sans… j’ai mis cent ans lamentation sanglot gémissant ma faute mon péché ma culpabilité d’avec… avec le sang avec le sol avec le sel et la gabelle avec la soie avec l’emploi avec crédit avec credo avec la foi avec la loi avec… et contre tout contre toi… le sans… Effacé progressivement identité réduite au manque nous restons parce que tu t’effaces. Au fond, tout au fond, les hommes et leur dédale de cuir et de poil, égorgés entre son et mutisme le dérapage du vide l’effacement des révoltes l’affadissement des rêves. Que l’étrange devienne inquiétant, en soi. Que l’exacerbé nous submerge, en soi. Que la haine, en soi… sans rire et sans mentir, si vos ramages sont plus doux que nos carcasses c’est qu’elles s’accommodent de toute larme, de toute crevasse. Nos plaies font fructifier vos trahisons. C’est la guerre. Vous voudriez tant nous faire croire que la guerre n’est guère qu’une affaire d’accent d’air roulé en boule et boulet de canon par une religion d’une autre époque d’un autre siècle d’un autre entendement vous voudriez tant nous faire admettre que la guerre naguère n’était que non aux barbares aux Barbie aux berbères au nom des valeurs au nom des hommes de bonne volonté au nom de la civilisation civilisée civilisatrice si vile finalement vous voudriez tant nous faire croire que la guerre n’a guère d’autre fondement que la nature humaine que la fatalité et nous fidèlement inféodés nous y croyons, nous les amputés de raison l’œil automatique loups écervelés goinfrés de plastique arc-boutés à l’anonyme incinérés de peurs nous y croyons. Le sel des ravages alimente la révélation. Les effarés tissés entre puits et cris ôtés du superflu gavés de désert affamés d’existence. Extrémités atteintes dépassées repoussées. Ne reste qu’à inventer la machine à coudre les lambeaux d’intolérable. Silence égratigné entrecoupé écorcé désir perdu sous les scories essoufflement du verbe stérilité des riens. Bestialité consignée dans la perte de la parole l’imparfait du préservatif. Néant inscrit au présent rendant vivant un ailleurs céleste. Le plus grand crime du libéralisme : avoir déporté l’élan vital sur le piètre le frivole le futile. Il faut de l’élan à la rivière pour sortir du sable et y retourner. Ce que cherche l’autruche ?

 

marie-pierre canard ; yves béal ; jean-guy angles ; chantal bélézy ; isabelle ducastaing


Date de création : 12/07/2010 - 17:25
Dernière modification : 12/07/2010 - 17:55
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