Soleils et Cendre

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Le lai : réécriture (Ateliers d'écriture)

 

LE LAI

une forme médiévale revisitée

 

Le numéro 97 de la revue Soleils & cendre proposait aux auteurs de revisiter une forme médiévale  :  le lai.

 

Dispositif d'écriture

 

1. Utiliser un texte narratif (de préférence en prose poétique), comme pré-texte à réécrire. C'est le principe du lai dans son invention :

La deuxième Renaissance, c'est celle qui se déroule au XIIème siècle, à l'époque de Marie de France. Elle correspond au grand départ de la littérature. En effet, c'est à cette époque que commence à naître un esprit de création. Attention, il faut bien insister sur le fait qu'au XIIème siècle, la notion d'« écrivains créateurs » ne fait pas encore partie des schémas intellectuels. Jusqu'au XIIème siècle, on se contentait de « recopier » les grands textes de l'Antiquité latine, sans vouloir créer quelque chose de nouveau. Mais au XIIème, et c'est le sens et l'importance de cette deuxième Renaissance, commence à naître la notion d'adaptation des oeuvres antiques. On reprend des grands textes latins que l'on traduit-adapte.

Le travail [de Marie de France] est un travail d'adaptation du matériau antique ainsi que du folklore breton. Cette adaptation va d'abord dans le sens de la concision de la forme. En effet, elle fait le choix de la forme du lai, qui exige concision et densité du texte. Les lais sont en effet assez courts. Il n'y a ainsi pas de description détaillée des personnages, les lieux sont à peine évoqués. C'est un art de la suggestion qui régit ainsi le lai, voire une esthétique du silence. C'est le non-dit qui prime, et ainsi, on se trouve face à un texte qui évoque et qui suscite de la part du lecteur un pouvoir d'interprétation du lai.

Elodie Gaden (lettres-et-arts.net)

Le texte choisi sera pré-existant (mythe, conte… par exemple) ou produit par l'auteur.


2. Réécriture I : selon l'un des modèles institués par Guillaume de Machaut. Cliquer ici.


3. Réécriture II : en détrônant / détournant une des contraintes :

- renoncement à la métrique interne au vers (on garde cependant la structure 2 X 8 vers)

- renoncement à tout usage des rimes

- renoncement aux deux


Ou bien 3 bis : réécriture en ajoutant une hyper-contrainte (métrique reposant sur des vers d'un tout petit nombre de pieds ; rime en début de vers ; etc.)