Soleils & Cendre
Soleils & Cendre

 SOLEILS & CENDRE
revue d'écriture

créée en 1986
121 numéros parus

Comité de rédaction :
Yves Béal
Chantal Bélézy
Marie-Pierre Canard
Isabelle Ducastaing
Claude Niarfeix
Henri Tramoy
Sylviane Werner


99 Bd des Mians
F-84260 Sarrians

mél : solicend@orange.fr
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SOLEILS & CENDRE

Dernier paru : Numéro 111
 
 
 
Désamour

À s’y tromper
un zeste de couleur
laisse entrevoir diaphane
un ajout à l’irréel

Promesse derrière les vitraux
où les regards masquent
le désamour aussi

pour un fascisme facile
une clarté brûlant tout

Philippe Guillerme
Cœur sans corps

Regardez-moi !
Grands lacs  givrés, les regards
glissent sur elle sans la voir

Ecoutez-moi !
Bouche béante
Ses cris ne peuvent  franchir
La barrière de ses lèvres
Et se perdent dans un grand
Silence blanc

Aimez-moi !
Ses bras se tendent à en casser,
Ses yeux implorent,
Ses lèvres arbalètent des baisers perdus. 

Comment aimer un vide ?
Comment caresser  l’invisible ?
Comment essayer de saisir un souffle ?
Transparente à tous,
Elle en meurt.

Elisabeth Kneur

Du merveilleux dans la langue toute simple : je choisis aux larmes ce rien, cet anodin qui nous concerne tous, une esthétique de l’étonnement
Extrait du texte collectif
 
 
 
Numéro 110

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 Le distique élégiaque est une composition de deux vers : le premier est un hexamètre dactylique, le second un pentamètre dactylique. C'est la base de la construction de l'élégie grecque et latine.


Est-ce usure, cet équilibre léger sur des souffles qui traquent l’enfance ?
Las ! les mots sanglotent sur nos peaux trop apeurées pour oser vivre,
les mots  portent des lieux d’hiver où s’engouffrent des temps sans seuils,
nous laissant nus dans les champs quand tremble un printemps lézardé,
nommant  sur la nuit épanchée tous nos doigts entêtés d’or :
s’affaler à ces cieux gris, s’éroder, s’encenser. Fou.
Des récits, des pierres, l’air autour des gestes sur la haie,
vitres de terre, l’usure transformée en cercles bleuis.
Ton dernier paysage : un miroir à l’envers de tes mots. Hâte
d’horizon, voici le vide qui te hèle, l’inconnu, vif.
Et comment sur l’ennui se pencher, s’entêter de ses doigts morts ?
S’agripper de ce vin gris. S’empiéter. Devenir fou,
est-ce usure ? Cet équilibre léger sur des souffles traque l’enfance.
Las ! les mots sanglotent sur nos peaux trop apeurées pour oser vivre
des récits, des pierres, l’air autour des gestes sur la haie. […]

Texte collectif (extrait)



J'aurais aimé toucher ton corps dans les lueurs du temps diapré
Mémoire des signes et du présent sur la peau de mon exil
C'est avec le trait noir des eaux fortes où, vanité des natures mortes, tu apparais
Que j'imprime ces souvenirs.

Jean-Pierre Pain

 

Vie veinée qui provoque là, ce sursaut de brûlures sèches
Le vent rit, frôle mon dos, irise l’œil si voilé, souvenirs doux
L’eau chagrine ne calme plus, j’ose voir mes mains, leur destin fauve
Reste demain, si tranquille, loin des cris, enlacé aux peupliers
L’écorchure palpitant nue ; frêles, les mots cicatrisent l’air
S’éprouve une mélancolie chaude, aux couleurs de pensées mauves
J’aimerai le soir même si l’aube reste ce point rouge justifiant l’ire.

Marie-Pierre Canard



Quelle puissance
Se communique à mon âme
Pour l’instruire de ses devoirs
Quel être inconnu parle en moi-même
Quel cri inhumain sort de ma bouche
Ensanglantée
Aymeric Brun

Est venu un printemps dévoyé, aspirant au vertige, sous
tes tempêtes arrachant cris aux silences de la mer. Cages.
Un ordre cru résiste encore aux évanouis dans les cordages.
Hypocrites, jeux infâmes, si, rudoyant les étoiles, vous

arrachez aux rumeurs des humains leur charroi de métal. Bouges
que voici, défaisant tôt la chanson, les accords, l’orgue
agonisant des espoirs. Vous ragez de nous voir, sinueux. L’ordre
de vos lois imbéciles, sots que vous êtes, happé par le rouge.
H. Tramoy
 
 

Numéro 107/108

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Je cherche l’infaillible partition, quand le sol s’abstrait de mon chant.
Mon corps glisse à l’avenant, apatride de sa langue.
J’ai terre dans les yeux, ne croise que mon ombre.

Écoute. La rage me dérive.
L’anathème insinue ses banissements, agitant des grillages sur mes paupières .


As-tu peur de ma peur ?


Je suis de ton chemin germinal, enraciné d’ombre et de feu.
La gesse germe de nos mêmes mains.
Si les mots s’écorchent sur les pierres écrites, ta terre s’arrondit dans ma bouche, ta langue sur mes chemins.

Inventer le regard
Hâter le souffle dans l’imprécision du voyage
Confier à la rature la signature et le nom

Sylviane Werner

Numéro 106 

Un numéro consacré à 3 auteur-e-sSC106.jpg

André Ughetto, Michèle Ourmières, Danielle Fourment

 

U : Pavillon rectangulaire,
damier de quatre rouge et blanc

(Uniform : Vous courez vers un danger)

texte : André Ughetto / image : Jacques Rey



C'est un damier de quatre aux carreaux blancs et sang :
attention au danger de l'ulve qui s'étend.

Le rouge est l'uniforme de l'urgence,
le vert est la livrée d'une algue conquérante,
ulve salée, gluante, qui vertement
châtie les côtes et les criques
sans répit exsudant des rejets azotés
                (corrigées pour avoir de l'azote roté…)               
JacqRey-U.jpg
Attention à ce qui sur la rive souillée
dégage des vapeurs lentement méphitiques.
Que n'aille pas touiller l'aventureuse hélice
d'un bateau à moteur la salade empestée
de cette ulve tueuse et plutôt sargastique.

André Ughetto

 

texte de Michèle Ourmières : Le Fils (extrait)

Le doigt pointé vers l'endroit où ça fait mal

    l'enfance heureuse

        il le faut


ô, le berceau vide : le fils qui a passé,
naissance et mort conjointes.
Avant que l'enfant n'accouche de sa mère,
que la mère ne prenne source dans l'enfant.


L'enfance heureuse,
les futurs massacres d'une liberté
toujours remise aux calendes grecques...
aux calanques entre  bleu,    vert,     rouge


les reflets    fils de...
        fille des algues

fille vouée au bleu marial,
aux bleus genoux de l'âme

Michèle Ourmières


RUMEUR DU MONDE


Laisser la transparence
faire son nid dans la rumeur du monde
que tente de couvrir le tic tac obstiné de l'horloge

Protéger dans la paume de la main
le silence des interstices de la mémoire
qui joue entre les couleurs du temps.

Effacer l'empreinte du soir
quand des traînées flamboyantes
effilochent l'horizon.

Parvenir à la chair et à l'os
de la fleur de l'arbre de l'océan du roc
pour sentir naître l'instant de mort.

Ainsi je saurais où l'oubli attend.
Ainsi je saurais où ce qui manque a disparu.

Danielle Fourment
 

 

Numéro 105

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 Il n’y a pas de porte. Tu y es
Et le château embrasse l’univers
Il ne contient ni avers ni revers
Ni mur extérieur ni centre secret.

Jorge Luis Borges
Labyrinthe / Éloge de l’ombre [1967-1969]


Tout texte est une épreuve mais pas une impasse : tout texte est un labyrinthe.  Dès lors, il est possible de construire un chemin dans un texte existant (M-P. Canard). À quoi ce texte m’initie-t-il ? (J-G. Angles). Ces deux réflexions, issues d’une exploration préparatoire sur le thème du labyrinthe, nous ont conduit à travailler sur un texte de Marie-Christine Wolfrom, paru dans le numéro 88 de S&C (Allée au désert, déc. 2008, p. 30).Le dispositif de travail, imaginé par M-P. Canard peut se résumer ainsi : on pointe au hasard un mot du texte de référence, considéré comme épreuve, qui constituera le point où l’on se trouve du labyrinthe ; c’est à partir de ce point que l’on va cheminer dans le texte.
Six textes sont le résultat de ce travail.

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Autre ensemble des textes :

Cercle d’écriture, cercle de finitude : dispositif en forme de défi. Au cœur du labyrinthe est Minotaure, mot terrible. Pour aller débusquer celui qu’il s’est choisi, chacun déroule à l’envers un fil-des-mots d’Ariane, sur le mode marabout - bout de ficelle. De mots en mots se chaîne un premier texte, puis en miroir un second. C’est du tissage des deux, que va naître le poème, énigme de soi.

 Isabelle Ducastaing : Triptyque pour Labyrinthe (fragment)

 

Numéro 104

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Belle absente
(sur une contrainte formelle créée par Georges Perec)


Poème composé en l’honneur d’une personne d’un sexe ou de l’autre. Le poème comporte autant de vers que les lettres du nom de la (ou du) destinataire (comme dans l’acrostiche). L’on s’interdit d’utiliser dans le premier vers la première lettre du nom, dans le deuxième vers la deuxième lettre, et ainsi de suite. Toutes les autres lettres de l'alphabet doivent au contraire être présentes dans chaque vers (à l’exception des lettres à 10 points du scrabble : k, x, y, z - ndlr).

 
 

Jacinthe mauve, angélique des bois, tu prends
jour au maquis touffu, vibrant du prochain glas.
Jeune Parque ou figure instable de chair vive
réjouis la plèbe inquiète des friches vagues
qu'assombrit — chardon sans profit — un jais virginal.

Annie Hupé

Hors le figuier que vent enjambe et coupe
Qu’abritions-nous, fous jappant, du magistral charivari ?
Entre ces jours pudiques et la haie frivole, que de gabegie !
Voir l’épique jeunesse s’enfuir qui s’oblige du décès méthodique,
Je te l’avoue l’époque est folle en ses cambuses d’horloger,
Équivoques messagères où capitule aujourd’hui l’affable hier.

Claude Niarfeix


 
Histoires de cendres — vue bandée — que jeu lamente.
Flash, fracas du bord jailli, plaquant mort au gant.
Fer traçant, charge abjecte — cinq hommes vont périr !

Sylviane Werner

 
TresdeMayo.jpg 


n° 103

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n° 101/102

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sur la branche, la braise s'épuise et cendres, l'ombre gonfle son armature, glisse ma chair
droite dans le vent, elle regarde, elle attend

un fil se tend entre l'instant qui casse, la fine fissure
la peur s'aspire de vide et passe en avant, loin des autres
le risque hante, casse les vitres
la danse, le vent, libère le pâle, torsade un bras, jette ses membres recroquevillés, suit le trajet, d'un immense rêve de cristal, un n'importe quoi à peine pardonné

mais elle est là, elle sa note, la seule qui désarme, multiplie
la danse frappe, rupture, entre l'impact et ses doigts
elle a choisi, sueur, déconstruire la haine, ses erreurs
elle, apesanteur, elle est, glisse sourde dans le vide oppressé
ses couleurs disent la rage, réouvrent la vapeur d'un ailleurs
ici

S. Fouquet

Numéro 100 : ['crire

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De la parution du n° 1 de S&C, où nous posions les principes de notre projet comme “mise à nu de l’écriture que nous donnons à voir à l’autre, l’amont et l’aval, rencontre de celui qui écrit avec son semblable…”, au séminaire de ce n° 100, cette histoire de [‘crire, c’est toujours le rapport à [de] l’autre dans l’écriture qui s’énonce : se construire une culture dans l’écriture, en faire l’objet d’un travail réflexif d’analyse, une praxis ; dans l’in-tranquille que provoque en nous la mise en travail de la langue, dans ce à quoi elle nous confronte et ce par quoi elle nous [é]meut. Langue de [‘crire, donc. Mais aussi écritures dans nos propres marges, captation, comme on le dirait d’une source, des procédures, et de ce qui fait trace.
Avec une mention spéciale pour la contrainte, dans sa dimension libératoire, faisant surgir dans la langue l’inédit et, chez celui qui écrit, l’étonnement.

S&C n° 100

Cent,
Dans cent, peut-on s’empêcher d’entendre sang, s’émécher au sang de l’autre qui se terre en soi, se tait, si souvent terrassé par un quelque chose à dire. Et qui ne pourrait s’en sortir vivant que dans un corps à corps avec les mots et leur matière, un corps à corps où l’on se découvre à soi, dévoilant plus et moins à la fois : le sang à suer pour que l’écriture rende compte de l’effort de vivre, de ce qui traverse celui ou celle qui trace sur la page, sa page, sa paroi, sa caverne, le lieu et le lien de l’humain.
Et n’est-ce pas ce sang mêlé — cet intranquille de la rencontre du mot et de celui qui le grave dans le faire coupant de la langue —, n’est pas cela, qui nous mit sur le chemin de ce [‘crire ? [‘crire, ce va et vient entre le poème, sa marge et ses écarts, revisitant le texte et ce qu’il peut dire de lui-même, renouant avec le projet premier de la revue : “la mise à nu de l’écriture, l’amont et l’aval, la rencontre de celui qui écrit avec son semblable…”.


Le numéro 100 constitue le fruit du séminaire d’avril 2011, marquant le 25 ème anniversaire de la revue. Ont préparé et/ou participé au séminaire : Sylviane Werner, Philippe Vallet, Henri Tramoy, Michèle Ourmières, Claude Niarfeix, Ghislaine Morant, Anny Gleyroux, Madeleine Ginet, Danielle Fourment, Isabelle Ducastaing, Marie-Pierre Canard, Anne-Marie Bonjour, Chantal Bélézy, Yves Béal, Jean-Guy Angles.

 

Mais reprendre au commencement, aux premiers grattages sur le crépi lustré de notre histoire.
Avant de déposer sur l’escalier de votre pensée les premières marches de ce journal d’écrire, livrer un peu de l’entremêlement du texte et de sa marge […]

Yves Béal


Et toi à la marge de mes mots
en ce temps impalpable du cri.
Blêmissement
à l’instant des griffures.
La brume…
Je tremble et t’offre à cru
le verbe sous la rime
quand le soleil s’en mêle
la terre en semailles
le jour à pleine gorge
le vertige des yeux dans nos jardins d’hiver
[…]

                                                        Sylviane Werner


Puis vint le regard de miel de l’euphorbe
aux poisons d’arc-en-ciel
sa sève poisse entre les mots
du       CRI     du        RIRE
l’oiseau ivre les emporte
et l’ortie se fait humble dans l’herbe tendre
tentatrice de caresses
           Je résiste.

          L’écrire accroche un trousseau de mots
               Sur les épines de ma mémoire.

Danielle Fourment
 

 


Date de création : 17/12/2008 - 18:19
Dernière modification : 03/08/2014 - 00:18
Catégorie : Numéros parus
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